Archivistique, sciences des archives? Interview de Sabine Mas.
Sabine Mas, professêure à l’Ecole de Bibliothéconomie et des Sciences de l’Information de l’université de Montréal, nous a présenté la création d’un programme de formation en archivistique à l’ère numérique comprenant réflexions et questionnements sur les enjeux professionnels et disciplinaires.

Pouvez-vous nous parler de cette nouvelle formation, cette “majeure” en archivistique?
C’est un programme de premier cycle universitaire d’une durée de 2 ans pour répondre à des nouveaux besoins avec de nouvelles compétences. L’idée est d’ajouter aux cours d’archivisitques des enseignements en histoire, droit, administration, informatique, relations industrielles, gestion des ressources humaines…Cela fait partie des nouvelles tendances archivistiques qui se rattachent aujourd’hui de plus en plus aux écoles d’information, dans une perspective multidisciplinaire.
Quelles sont les nouvelles spécificités en archivistique auxquelles les étudiants seronf formés?
Il faut savoir que, comme dans l’univers papier, tout n’est pas document d’archives dans le monde numérique. L’identification d’un document d’archive devient plus difficile avec les nouveaux documents dynamiques (par exemple des données météorologiques ou chiffrées qui changent sans cesse sur des pages internet) et nous retournons vers la diplomatique et les travaux d’un groupe de recherche international, InterPares 3, qui traite notamment des questions de conservation à long terme et de l’analyse diplomatique. Il est essentiel d’apprendre à reconnaître l’authenticité, l’intégrité et la fiabilité des documents numériques pour une vision critique du web et de l’image.
Vous parlez de nouveaux paradigmes apparus avec le numériques, quels sont-ils?
Le passage d’une classification hiérarchique à une classification à facettes constitue un des nouveaux paradigmes tout comme la place grandissante du web collaboratif ou encore la complexification et la spécialisation du métier qui exige une formation continue pour acquérir un profil de compétences spécifique. On pourrait d’ailleurs parler de “sciences des archives”, tout comme on parle de sciences de l’information, qui serait un champ disciplinaire ayant pour objectifs communs la gestion et la conservation des documents d’archives.
Elodie Baumann
