Action positive et archives
Arike Oke a fait partie du programme « Connecting Histories » mené par les Archives de la ville de Birmingham en 2006-2007. Elle a présenté son expérience le 18 novembre au cours de la session « La formation archivistique est-elle pertinente pour les communautés indigènes et marginalisées ? »
Ce programme a été mené pour rassembler, décrire et mettre en valeur les histoires de la communauté noire et des minorités de Birmingham. Le recrutement de deux archivistes stagiaires issus des minorités faisait partie intégrante du projet. Il s’agissait en effet de développer les liens des Archives et des minorités, de faciliter leur accès aux documents, mais aussi d’agir sur la profession d’archiviste, de l’enrichir en développant la diversité de ses membres. Les stagiaires recrutés ont poursuivi leur formation universitaire tout en travaillant aux Archives, sous la houlette d’un tuteur, pour classer un fonds, mettre en place des manifestations, participer à des réseaux, collaborer avec les volontaires associés au projet.
Le bilan du programme est positif, pour le public, pour les Archives, et au niveau personnel.
Rencontre :
- Comment avez-vous été recrutée ?
Il s’agissait d’un programme d’action positive, c’est-à-dire que les personnes recrutées devaient être qualifiées pour classer un fonds et participer aux actions menées. J’ai passé un entretien de recrutement, avec des questions sur ma motivation mais aussi sur mes compétences pour occuper le poste.
- Quelles étaient vos motivations ?
J’ai suivi des études d’histoire et j’avais déjà travaillé dans des services d’archives, j’envisageais une carrière dans ce domaine et ce programme a représenté une bonne occasion pour moi. J’étais aussi très intéressée par la démarche consistant à ouvrir l’accès au patrimoine à tous. Il y avait une méfiance importante des minorités à l’égard des Archives, tout simplement parce qu’il s’agit d’une institution. Le programme a permis d’établir des liens de confiance. Toutes mes expériences professionnelles depuis m’ont amené à travailler avec les minorités et sur la valeur sociale des archives.
- Dans quel contexte travaillez-vous actuellement ?
Je suis responsable du développement des publics pour le Hull History Centre, qui s’apprête à ouvrir. Ensuite je souhaite continuer à travailler dans le domaine des archives, je ne sais pas exactement encore sous quelle forme, je veux multiplier et diversifier mes expériences.
- C’est la première fois que vous participez à une CITRA ?
Oui, et je trouve cela incroyable ! Toutes ces rencontres, le partage des expériences et des connaissances que permet une telle conférence sont très enthousiasmants. Je fourmille d’idées depuis ce matin. J’ai la sensation de bien connaître le contexte local du Royaume-Uni et que mon expérience s’y adapte bien, mais je ne suis pas sûre qu’un projet tel que « Connecting Histories » pourrait être reproduit ailleurs. Mais la rencontre de différentes cultures au sein de l’ICA peut donner de nouvelles idées.




