Historien, professeur d’archivistique et d’historiographie à l’université. Mr. Salazar a travaillé aux Archives Générales de la nation (Colombie) entre 2004 et 2006 dans le cadre de l’inspection des archives municipales. Il est actuellement à la tête des Archivistes sans Frontières de Colombie.
Que penses-tu de ce congrès?
Les thèmes abordés sont d’actualité comme les droits, les nouvelles technologies, la théorie archivistique. On a pu voir des personnalités du monde des archives mais aussi beaucoup de jeunes. Ça a été une rencontre très enrichissante.
La discution aide-t-elle le travail?
Evidemment! Ecouter le débat est constructif; écouter l’autre permet de grandir, douter ou réaffirmer ses positions. Les discutions, tout en respectant les particularités, coïncident dans nos pays sud-américains. A partir de ces similitudes et ces différences, on s’auto évalue non comme personne mais comme région et l’on se sent appartenir à un espace géographique dans lequel existe un échange de processus techniques et théoriques qui favorise la pratique archivistique.
En quoi ce congrès a-t’il été faible?
Dans les études de cas en ce qui concerne leur présentation dans ce type de rencontres internationales. Le risque est de tomber dans l’anecdote.
Qu’est-ce qui t’as le plus interpellé?
J’ai été très intéressé par le thème sur les droits et en particulier le projet Interpares « Valorisation des documents d’archives sous forme digital » présenté par d’Aída Luz Mendoza (Péru). Ce thème qui va surement continuer à être traité par ce projet reste selon moi ouvert et d’ailleurs il permet de se pencher sur la valorisation des archives électroniques.
Comment la terminologie doit-elle s’appliquer dans chaque pays?
[…] Cette discussion est pertinente pour le langage archivistique, plus de clarté favorise la compréhension ; mais cette controverse éternelle nous empêche de faire avancer les processus et la pratique même. Je travaille dans les archives depuis un bout de temps et je crois autant en Colombie que dans beaucoup de pays sud-américains, que le contexte nous permet de nous comprendre, au-delà de ces problèmes de terminologie. Je pense aussi qu’il serait approprié de la normaliser dans chaque pays pour sortir de ces discussions byzantines.
Concernant le travail de récupération de la mémoire, quelle est la situation en Colombie?
Dans le cadre de la loi justice et Paix, c’est la première loi dédiée spécialement à la conservation des archives du processus de paix, et à la sauvegarde de la mémoire. Ainsi, la Municipalité de Bogota est à la tête d’un grand projet qui, tous les mois, discute, s’informe et développe des travaux sur la Mémoire. D’un autre côté, on peut citer le Groupe de la Mémoire historique qui fait parti de la Commission de Réparation et de Réconciliation et qui travaille de manière indépendante. Ils ont ainsi rendu des comptes-rendus très durs sur des massacres commis par l’état colombien qui a été ainsi déclaré coupable par la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme, comme ce fut le cas à Trujillo. Je vous recommande d’ailleurs le site de cette commission: http://www.cnrr.org.co/. Ce sont les organisations sociales comme la Commission Interecclésiale de Justice et de Paix, le projet “Nunca Más”, le Mouvement des Victimes des Crimes d’Etat qui sont à la tête de programmes sur la mémoire. J’ai dit plus haut que le cas colombien était spécial car nous nous sommes inspirés de travaux pionniers comme ceux du Cône Sud, du Pérou et d’autres pays pour pouvoir les appliquer dans notre pays.